Économiser l’eau et maîtriser l’énergie dans les piscines publiques

Ce travail résulte d’une collaboration entre le Club des Bonnes Pratiques d’Économies d’Eau et de Tarification porté par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et le programme ACTEE (Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique), co-porté par cette dernière.
Il est le fruit d’une réflexion simple : malgré l’abondance de ressources sur les économies d’énergie dans les centres aquatiques collectifs, peu de publications traitent des économies d’eau possibles dans ces équipements. Les travaux abordant conjointement ces deux thématiques en sont d’autant plus rares alors même que la gestion de ces deux flux en piscine sont indissociables.
À destination de l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion et la modernisation des piscines publiques, ce guide propose un panorama synthétique des outils disponibles pour une gestion plus économe en eau et en énergie. Il présente des solutions variées allant des bonnes pratiques aisément adoptables jusqu’aux travaux à envisager en cas de rénovation ou de construction tout en les illustrant à travers des retours d’expérience.

Les piscines publiques sont des lieux de rencontres intergénérationnelles et de mixité sociale, où se côtoient apprentis et experts de la natation, adeptes des sports aquatiques et usagers en quête de divertissement ou de bien-être. Quel qu’en soit l’usage, elles sont aussi des îlots de fraîcheur, indispensables aujourd’hui pour contrer les désagréments liés à la hausse des températures. Ces équipements répondent à un usage collectif en faveur de l’intérêt général, touchant aux politiques publiques de santé (prévention du risque noyade, sédentarité, etc.), de lutte contre les inégalités sociales (maîtrise de la natation, incapacité à partir en vacances, accès inégal à des lieux de baignade, etc.) et de cohésion sociale. Il existe différentes typologies de piscines publiques, dont les caractéristiques sont liées à l’âge de l’installation, aux dimensions de l’infrastructure, aux traitements effectués, aux activités proposées, etc. Les coûts d’exploitation et de fonctionnement (liés aux ressources humaines, traitement de l’eau et l’air, chauffage, ventilation, etc.) varient selon les caractéristiques de l’installation. Le parc de piscines publiques est vieillissant au niveau national, avec plus de 60 % des piscines ayant plus de quarante ans, soulevant la problématique de la pérennité de ces équipements (nécessité de rénovation, voire de renouvellement ou dans le pire des cas, de fermeture, les coûts devenant parfois insoutenables pour les collectivités).
La rénovation énergétique apparaît indispensable au maintien des piscines publiques. Celle-ci répond en premier lieu à des exigences réglementaires. Le décret éco-énergie tertiaire impose une réduction de 40 % des consommations énergétiques pour les bâtiments (ou ensembles de bâtiments) publics tertiaires de plus de 1000 m² à horizon 2030, et de 60 % à horizon 2050 ; les centres nautiques, définis comme le regroupement d’au moins trois bassins ou de 1 200 m² de surface de bassin, sont quasiment tous concernés par cette norme. Bientôt, les piscines, au même titre que l’ensemble des bâtiments publics de plus de 250 m2, seront également soumises à des obligations renforcées dans le cadre de la transcription en droit français de la directive européenne efficacité énergétique révisée. Au-delà des aspects réglementaires, la rénovation énergétique des bâtiments publics constitue un levier indispensable de la transition écologique. Les bâtiments publics sont responsables d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre en France et représentent 40 % des consommations énergétiques. Les coûts d’exploitation et de fonctionnement de ces installations ont été décuplés depuis 2021 révélant la nécessité économique de mettre en place des actions de sobriété et d’efficacité énergétique. S’ajoutent à cela la raréfaction et la dégradation de la ressource en eau qui exhortent à une réduction des consommations hydriques et incitent à une gestion plus sobre. Enfin, la rénovation des piscines répond à une forte demande des citoyens pour garantir un équipement à la hauteur des attentes en matière d’apprentissage de la natation, d’accessibilité, de confort et d’hygiène, et permet de proposer une alternative à la construction de piscines neuves, dans une optique de lutte contre l’artificialisation des sols (objectif Zéro Artificialisation Nette), et aux piscines privées, dont le marché est en plein essor. Afin de pérenniser ce service public essentiel, il est primordial de mieux appréhender l’exploitation des piscines publiques en y associant des actions de sobriété et d’efficacité.

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